Commando Montfort
S/M Kurowski Michel

KUROWSKI_Michel_
 

Opération "Cabillot" Annam 1953

4 H 00, nuit noire, une grue se met en branle et miaule nerveusement. Sous son impulsion tout le bateau se penche. Je rattrape à une barre de fer pour ne pas perdre l'équilibre. Le pont est couvert de silhouettes obscures et silencieuses. Dans peu de temps le commando va s'attaquer à un objectif ennemi quelque part sur la côte d'Annam. À cette heure matinale il y a peu de bavards. Un coup de sifflet bref retentit. Voilà que ça commence, l'officier de manoeuvre met les engins de débarquement à l'eau. J'entends sa voix: à hisser... brasser à bâbord...TUUUT dit le sifflet. Les appels commencent, je suis saisi par le bras, tu n'as pas vu Julot me demande-t-on??? si, il est à bâbord arrière.
Il fait si sombre que l'on ne reconnait personne. Toute lumière est formellement interdite. À l'horizon une tache plus sombre, à peine perceptible, c'est la côte toute proche. Nous n'aimerions pas être attendus. Les premiers commencent déjà à embarquer, je bondis dans un radeau à la suite de mon groupe, un manège de foire ne m'aurait pas mieux balancé. J'ai toutes les peines du monde à rejoindre ma place habituelle, sur mon passage je franchis des jambes, des sacs, des pagaies, des armes, etc...J'écrase un pied qui fait hurler son propriétaire, puis instantanément tout se calme. Près de moi un léger grésillement m'indique le fonctionnement de la veille radio, "en route" dit-elle soudain.
Nous sommes une vingtaine dans ce radeau, entassés les uns sur les autres, un doris nous remorque, la mer est houleuse et nous n'osons pas trop bouger, chaque mouvement incline dangereusement le plat-bord au ras de l'eau. De chaque côté, d'autres sillages phosphorescents nous signalent la présence de sections amies, les moteurs tournent rond. De temps en temps une vague plus forte nous arrose de ses embruns et nous réveille de notre torpeur matinale.
La veille, au briefing, le commandant nous a montré la carte du pays et les photos aériennes. Voici notre point de débarquement, la plage est longue, plate et sablonneuse. Montfort marchera en tête suivi de Jaubert et Ouragan, dit-il avec une vive satisfaction. Dans la cadre du commando, l'ordre de progression sera:  2ème section en avant, puis la 1ère et la 3ème. Nous marcherons environ 5 Km dans le 220 jusqu'à la route N° 3, puis nous la descendrons vers le Sud. 1500 mètres plus bas il y a deux ponts que nous devons faire sauter. Comme éléments ennemis: 2 compagnies régionales et 1 bataillon de réguliers rôdant quelque part dans le secteur. Nous marcherons très vite, le silence devra être parfait et je vous recommande de vous tenir sur vos gardes. Vos rôles respectifs seront par groupe ... etc....
La terre semble devenir plus sombre, nous approchons, je me demande ce que nous réserve aujourd'hui ce coin d'Annam. Partout, les côtes sont gardées, il nous est difficile de passer inaperçus, même par nuit noire. Le sol fourmille de pièges et de mines préparés à notre intention. Il faut travailler vite, le Viet-Minh est puissant et bien organisé, ses renforts arrivent rapidement à la rescousse. Nous avons tous hâte d'arriver, l'action se supporte mieux que l'attente et une fois dans le bain ça va tout seul...Il est temps d'apprêter les armes, un mouvement de culasse, la position de sécurité et c'est fait. Brusquement le doris nous renvoie notre remorque, nous atteignons la plage à la pagaie, tous, d'un bond nous sautons à l'eau... Brrr... qu'elle est froide, péniblement, ballottés par les rouleaux, les membres engourdis, nous hissons le radeau sur la plage. Le groupe de tête démarre déjà, rapidement les autres suivent dans l'ordre prévu la veille.
Il est 5H30, l'obscrurité est encore complète, les gars se serrent les uns contre les autres pour ne pas s'égarer. Personne ne souffle mot, sauf les chefs de groupe qui s'enquièrent de la présence de leurs hommes. La cadence de marche devient de plus en plus rapide, un sable fin se dérobe sous nos pas et nous fatigue deux fois plus vite, le moment est mal choisi pour s'attendrir. La côte est couverte de nombreuses broussailles touffues et clairsemées, on y trouve des épines longues comme le petit doigt, dont la piqure nous aiguillonne le physique d'une façon irrésistible. Nous courons toujours, je sens la sueur me perler sur le front. Une piste argileuse succède au maquis sablonneux. À la bonne heure!!! les silhouettes des premières paillottes apparaissent d'un côté du chemin, elles ne sont pas éclairées, les habitants dorment encore. Au loin, un chien se met à aboyer, d'autres suivent son exemple. J'entends mes voisins souffler rapidement, la course semble de plus en plus longue, d'un seul coup la colonne s'arrête et les premiers se jettent à plat ventre sur le bas-côté de la piste. Presqu'aussitôt tout le monde est couché: un rach à franchir, nous utilisons un étroit tronc d'arbre jeté en travers et cela ralentit la marche. Le bois est glissant et personne ne sait si le fond de l'eau n'est pas hérissé de pieux, restes d'un ancien pont. Miracle tout le monde est passé et personne n'est tombé. La tête redémarre, ça y est!! Préparons les jambes, la course à pied s'élance brutalement et s'accélère, car à l'horizon le temps s'éclaircit; Nous arrivons à la voie ferrée. Derrière moi on annonce que l'arrière ne suit pas, "qu'ils rattrapent" fait répondre le commandant qui se soucie peu de perdre la surprise et fait accélérer la section de tête. Des paysans sont surpris et fouillés, sont-ils des paysans ? Qui sait ? nous les mettons dans la colonne et les obligeons à nous suivre, il ne faudrait pas qu'ils ameutent le quartier. Le jour commence à poindre et l'allure de notre cavalcade augmente. Soudain un gong trouble d'une voix nerveuse le silence matinal. Pas de doute nous sommes repérés par un guetteur. Bong...Bong... Au même instant nous débouchons dans le village que le commandant fait envelopper d'un mouvement tournant. Sur la place, stupéfaits, une trentaine de viets entrain de se distribuer des armes sont fait prisonniers. Les groupes de protection courent se mettre à poste autour du village et au-delà des ponts, les FM sont placés, l'équipe de démolition se précipite vers les piliers et décharge son matériel. Tout se passe très vite, repoussées par nos voltigeurs des têtes égarées sortent des chaumières. Des viets à moitié nus, l'arme à la main bondissent d'un fourré et détalent à toute vitesse vers la campagne, ils se font descendre l'un après l'autre comme dans un jeu de quilles. Des villageois affolés courent dans tous les sens, nous les groupons à l'arrière du village sous la surveillance de deux mitraillettes. Quelques balles nous sifflent aux oreilles, par précaution nous nous abritons derrière un mur. Notre dispositif de défense est en place de tous côtés. Plusieurs charges de platic ceinturent déjà les pieux qui soutiennent le pont. Tout mouvement suspect aux alentours est immédiatement réprimé au FM. À l'heure actuelle les villages voisins sont tous alarmés, avant que leurs renforts se rassemblent, nous avons un peu de temps devant nous. J'en profite pour retirer une épine de cactus plantée dans mon orteil et qui me fit souffrir un calvaire durant les derniers 500 mètres de la course, à mes côtés les collègues grignotent un morceau de pain au "lance pierres". L'atmosphère est lourde et chaude, l'odeur soufrée de la poudre est sympathique. On se passe les jumelles pour fouiller le lointain, constamment nos veilleurs signalent des mouvements de groupes ennemis qui se rapprochent. Du côté de la mer, ça pétarade, Jaubert tient le piton, Ouragan, la BAPS ( compagnie de la base aéroportée Sud), et le GCMA ( groupe de commandos mixtes aéroportés) patrouillent aux alentours et nous assurent une bonne protection. Le gong perché sur une colline abrupte dans une vieille tour CHAM s'est tu à l'arrivée de Jaubert, la radio est active et nous transmet le moindre événement. Le commandant de l'opération s'impatiente, Jaubert, Ouragan et la BAPS sont harcelés à la grenade par des fanatiques dissimulés dans les bosquets touffus. Ceux qui fouillaient les paillottes nous rapportent des trésors insoupçonnés, grenades quadrillées, pièges, mines aussi grosses que la tête d'un homme, équipements tout neufs. Au même moment le chef de la démolition signale: "Paré". Les alentours du pont sont immédiatement évacués, trente secondes plus tard, dans un nuage noir de fer et de bois le pont se volatilise. Un instant après, à cent mètres de là, le pont N° 2 subit le même sort. Rapidement le commando se regroupe, rejoint Jaubert et Ouragan. Sur le chemin du retour nous fouillons un bourg qui, à part quelques grenades piégées et de coups de feu isolés ne nous cause pas trop de surprises.

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Méthodiquement, tout le terrain compris entre l'objectif éloigné et la côte est fouillé et refouillé, puis les divers éléments se séparent en plusieurs colonnes dont les chemins de replis différents assureront la sécurité du réembarquement. Bientôt, du haut de la dune la silhouette familière du  Tender d'aviation apparait. Chacun réagit à sa manière, mais à la satisfaction habituelle, s'ajoute aujourd'hui la joie de rentrer tous à bord sans une égratignure, après avoir complètement surpris l'ennemi à 7 Km de la côte et ne lui avoir rien laissé en échange des lourdes pertes qu'il a subies.

Récit écrit fin 1953 par KUROWSKI Michel

IMG + Texte: 16-1

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Le commando Jaubert en action dans les palétuviers

(Paru sur Cols Bleus le 16 02 1951) par KUROWSKI Michel

Un coup de sifflet, puis une voix sonore commande «  branle-bas » ! Debout là- dedans ! Des grognements étouffés lui répondent.
Tous les camarades du commando Jaubert dormaient entassés sur le plancher du LCT mouillé au milieu d’un fleuve sauvage de Cochinchine. L’obscurité est complète, impossible même d’allumer une cigarette, notre position ne doit pas être repérée. À tâtons chacun cherche son arme et son équipement dans son emplacement de la veille au soir. En peu de temps, tout le monde est prêt, il s’agit de faire vite pour arriver sur l’objectif aux premières lueurs de l’aube . On entend déjà le ronronnement des vedettes qui viennent nous chercher. Rapidement chaque groupe met à l’eau son radeau de débarquement, et l’une après l’autre les vedettes démarrent remorquant chacune un radeau. Nous sommes très serrés dans ces engins, nos légers mouvements les balancent d’un bord à l’autre, aussi l’eau du rach est à portée de la main et quelques giclées sur le visage achèvent de réveiller les plus endormis. L’appétit est calmé par quelques biscuits et du fromage en conserve. Le paysage est partout le même, des rives boueuses bordant une brousse sombre et épaisse de palétuviers et de palmiers d’eau. Des coassements intenses et des bruits étranges semblent animer cette nature repoussante .
Personne n’est bavard, mais certainement les gars se demandent en eux-mêmes où nous pouvons bien aller, les objectifs sont secrets…Comme d’habitude…Aujourd’hui nous ne savons rien encore, dans tous les cas, peu importe, on saura bien ce qu’il y a à faire.
Brusquement la vedette de tête tourne sur la droite où l’on distingue à peine une éclaircie dans les feuillages, nous nous engageons dans un rach secondaire encore plus étroit. Presque à chaque tournant, les vedettes doivent s’arrêter pour reprendre leur virage, des branches basses nous cinglent le visage faisant dégringoler des légions de fourmis dont nous avons toutes les peines du monde à nous débarrasser, leurs piqûres font terriblement mal. Puis le jour commence à se lever, soudain, à 50 mètres à peine, derrière un coude, une forte explosion nous fait sursauter, le choc ressemble à celui d’une grenade qu’on a dû lancer sur la première vedette. Instinctivement les mains se crispent sur les crosses et personne ne souffle mot. Les regards sont tournés vers les berges et scrutent la profondeur des fourrés. Aussitôt les mitrailleuses crépitent en crachant leurs traînées lumineuses, ce sont nos vedettes qui tirent sur l’ennemi encore invisible d’ici. Nous continuons la progression et dépassons une guérite sur pilotis. À ses pieds, on voit des empreintes de pieds nus que l’eau commence à effacer : celles du guetteur ennemi qui vient de s’enfuir.
Les vedettes augmentent l’allure et nous nous tenons sur nos gardes, prêts à vider nos chargeurs sur ceux qui oseraient se montrer. Des expériences récentes nous ont appris à nous méfier d’un adversaire dangereux par sa facilité à se dissimuler dans les palétuviers. Le rach se rétrécit de plus en plus, il est impossible maintenant de continuer à se faire remorquer, les radeaux doivent continuer seuls, et chacun de prendre une pagaie, nous progressons dans un silence impressionnant. Le tireur au FM arme sa culasse et se poste à l’avant du radeau, puis le silence retombe à peine troublé par le léger clapotis des pagaies. Le commandant fait signe de stopper,nous approchons du but. Notre chef de nage tribord impatient de mettre le pied à terre, enjambe notre embarcation et saute sur la berge où il se retrouve enlisé jusqu’à la ceinture dans une affreuse vase molle. Il reste là quelques instants ébahi, dans l’impossibilité de remuer, même une jambe. Un fou rire général se déclenche au point de nous rendre incapables de lui porter secours immédiatement. Mais celui-ci ne l’entend pas de cette oreille et nous traite de tous les noms d’oiseaux qui lui passent par la tête, nous tenant presque pour responsables de sa malencontreuse position. Pour le dégager il faut nous mettre à plusieurs et faire des efforts terribles. Par la suite l’image de cet infortuné camarade viendra souvent nous égayer au cours de la journée.

      EN ACTION

Le moment venu, tout le monde débarque et gagne les taillis tandis que les pieds s’enfoncent dans la vase gluante jusqu’au- dessus des chevilles. Du sol monte une odeur nauséabonde de plantes pourries. La marche est pénible, les branches, les racines et les lianes entrelacées multiplient les obstacles sur la piste que nous nous frayons. Puis, peu à peu la végétation s’éclaircit et nous nous trouvons dans une sorte de maquis moins touffu et parsemé d’arbres. Tout à coup les éclaireurs signalent un grand nombre d’hommes armés à une centaine de mètres, seul un rach nous en sépare. Le renseignement est transmis à la voix jusqu’au commandant qui fait répondre : « Allumez-les ». La réponse est à peine arrivée que les balles commencent à siffler au-dessus de nos têtes. Par groupes, aussitôt nous nous dispersons dans la nature, nos FM se mettent de la partie et la fusillade s’intensifie, puis les obus de mortiers commencent à dégringoler et explosent dans un aboiement rageur. Trois des nôtres s’affaissent brusquement, parmi eux l’E/V chef de la 2ème section, nos camarades les plus proches des blessés se mettent en devoir de les traîner en rampant vers l’arrière. Les herbes sont hautes et il faut se lever chaque fois pour mettre en joue et tirer, les viets en face en font autant et cela fait penser à un tragique théâtre de marionnettes. Nos adversaires sont nombreux et nous encerclent à moitié, ils ont un grand nombre d’armes automatiques dont on entend bien les crépitements. Nos officiers sont calmes et nous prêtent la main aux passages délicats. Le commandant va d’un groupe à l’autre et surveille les évolutions de la bataille qui fait rage. Il faut hurler dans ce tonnerre pour transmettre les ordres. Partout les herbes sont fauchées par les balles et les branches des arbres, hachées tombent lourdement sur le sol. Nos mortiers et lance-grenades claquent sans relâche  et l’atmosphère est pleine d’une odeur de poudre qui nous grise. L’ennemi invisible est partout, on le devine caché dans les buissons voisins grâce aux sillons de ses rafales. Il est également perché dans les grands arbres, bien camouflé, comme le prouvent les mottes de terre qui sautent derrière les monticules. Après une bonne demi-heure de cette sarabande, la fusillade diminue et les coups de feu commencent à s’espacer. Peut-être les viets vont-ils être à court de munitions, il est probable qu’ils commencent à évacuer le terrain en laissant des tireurs isolés pour nous retarder, c’est leur tactique habituelle et nous la connaissons bien.
D’ailleurs l’eau baisse rapidement dans les rachs au risque de laisser complètement échouer les vedettes qui nous attendent. Le commandant décide donc de nous faire réembarquer afin de ramener rapidement nos blessés à l’antenne chirurgicale.
Quelques heures plus tard, des viets sont faits prisonniers dans le même coin, parmi eux se trouve un secrétaire de leur état-major. Celui-ci ne craint pas de révéler qu’ils ont perdu dans cette affaire environ 80 hommes et de nombreuses armes.
Cette nouvelle nous a beaucoup réjouis, elle prouve qu’avec notre effectif de 70 hommes nous nous sommes bien débrouillés, n’ayant à déplorer de notre côté que 7 blessés qui commencent à se rétablir ; Nous espérons rencontrer souvent de telles occasions de flanquer aux viets de bonnes raclées pour nous montrer dignes des anciens commandos de la Marine

IMG + Texte: 16-2 -( Kurowski Michel)

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Un  C V  peu commun

Kurowski Michel est né le 29 09 1930 à Houdain (Pas de Calais), dans les corons des houillères.
Certificat d’études primaires, puis la 6ème au collège de Bruay en Artois..
À la libération, suite à l’explosion du cadre familial, il s’engage à Douai le 05  01 1945 où se situe un centre de la 1ère division blindée polonaise débarquée en Normandie en 1944, comme enfant de troupe dans l’armée polonaise réfugiée et basée à Londres. Cette division polonaise, commandée par le général Sikorski a écrit une page de gloire dans la bataille de la poche de Falaise appelée aussi « Le Stalingrad de Normandie.  Au sommet de la « MACZUGA »,Les sapeurs du génie royal canadien portent cette inscription en anglais « A POLISH BATTLEFIELD ».
En Avril 1945, embarquement sur un cargo encadré par deux escorteurs anglais à destination de l’Égypte, via l’Italie. La guerre n’était pas finie, les U-BOOTS nous ont laissés passer.
D’ Égypte, train pour la Palestine alors sous mandat anglais, vers un camp non loin de Gaza pour y parfaire nos connaissances en polonais. Après quelques mois, direction Nazareth où il y avait un collège commercial encadré par des professeurs militaires. En Juillet 1946, alors que j’étais en stage pratique de comptabilité à l’état-major polonais de Jérusalem, l’organisation secrète juive ‘Irgoun » fait sauter l’hôtel King David tout proche où siégeaient les hauts dignitaires civils et militaires anglais (environ 50 morts et blessés). Novembre 1946, devant le peu de perspective d’avenir, je demande mon rapatriement en France en tant que soutien de famille.
1er semestre 1947, stage de 6 mois à l’école de maçonnerie dans la banlieue lilloise. Juillet, direction les mines de charbon à Houdain, à 980 mètres sous terre, jusqu’au mois de Septembre 1948, même comme apprenti on avait droit à une prime en travaillant de nuit. Fin Septembre, engagement de 5 ans dans la marine.
Cours de fusilier marin, stage « Garigliano », major sur 76 élèves.
De Novembre 1949 à Octobre 1951, 6 premiers mois en Cochinchine, puis Annam et Tonkin. Première citation et une fourragère personnelle pour faits de guerre. Promu Q/M1  en Juillet 1951.
Retour en France et aussitôt stage de CS, sorti 2ème sur 26. Embarquement 3 mois sur le « Hoche » et promotion au grade de S/M, puis direction CFM Hourtin en tant qu’instructeur. Pour ne pas rester bloqué dans cette impasse ( service à terre), 3 mois plus tard je prends le tour de campagne d’un S/M désigné pour l’Indo et qui voulait se marier.
Mai 1953, j’arrive en Indochine, sur 20 fusiliers, il fallait 2 seconds pour les commandos. En tant qu’ancien de Jaubert on me prend « volontaire d’office » pour Montfort. J’y suis resté jusqu’en Novembre 1954. Au Cdo il manquait un Maître chargé du matériel, j’ai donc hérité de la fonction qui revenait à un Maître, j’ai été récompensé par une promotion ultra rapide au grade de S/M1 en 18 mois. Après les accords de cessez le feu, apprenant qu’on cherchait un interprète polonais occasionnel, je me porte volontaire pour dépanner à la demande. De nombreux bateaux des pays de l’Est étaient en rade du Cap Saint Jacques, J’accompagnais notre médecin pour un marin polonais malade, un cargo russe m’a demandé de lui acheter un cochon pour compléter ses vivres, on a bien voulu me prêter un LCVP, mais pour la corvée j’ai dû faire le cochon porteur moi-même. Contrairement à ce qui est écrit dans le livre de Georges Fleury, à la page 282 du « Commando », je ne connais pas le russe, mais en Palestine je pratiquais couramment l’anglais. Le pacha russe le parlait bien également, j’ai eu droit à 25 Cl de pastis pur. Lui l’ayant bu sec, je me suis cru malin de ne pas me dégonfler, j’en ai vu 36 chandelles…
En Novembre 1954, Montfort est dissous, je suis versé à Jaubert ; Je réussis à me faire rapatrier à temps pour passer le concours d’entrée au BS au dépôt de Toulon avant de partir en perme. Le BS, au niveau solde équivalait à deux grades de plus. La chance me sourit, nous sommes 15 reçus sur 300 candidats. À la sortie du cours, je reste 3 ans à différents postes à Siroco et je passe Maître rapidement. On me désigne comme capitaine d’armes sur l’escorteur d’escadre « Du Chayla », 300 hommes d’équipage environ. Manquant d’expérience en tant que marin embarqué et n’ayant pas la fibre d’un Pierre Loti, ce rôle de chef « Popeye » me fatiguait je me porte volontaire pour la DBFM après deux ans d’embarquement.
Janvier 1961, huit jours après, j’étais près de la frontière marocaine, entre Marnia et Bab El Assa, chef de section et capitaine d’armes du camp marine. La situation militaire étaient mitigée, ni calme, ni dramatique, malheureusement deux appelés du contingent y ont laissé leur vie. Au bout de 18 mois, au moment des accords avec la rébellion, l’OAS mettait le paquet, nous sommes rapatriés au fort Santon à Mer El Kébir. Les officiers de la DBFM suspectés d’être sympathisants OAS étaient rapatriés du jour au lendemain, sans tambours, ni trompettes. J’apprends avec surprise que ma promotion au grade de 1er Maître est prévue sous peu. Survient l’imprévisible, toute ma compagnie part en ratissage dans la nature, je reste seul gradé au fort avec le S/M commis et la corvée de pluches. Sur ordre de l’Amiral, toutes les armes sont cadenassées au râtelier à cause de nombreuses désertions du moment. Soudain, grâce à la complicité du matelot fusilier engagé, factionnaire à l’entrée du poste, un commando OAS de 20 hommes pénètre dans l’enceinte, coupe le téléphone et s’empare d’environ 36 armes en dépôt à l’armurerie. À Hollywood on n’aurait pas été plus rapide, nous sommes enfermés dans l’armurerie et menacés d’être abattus en cas de sortie. Lors de mes rondes antérieures, j’avais remarqué qu’il fallait un certain doigté pour fermer réellement cette vieille serrure. Ceci m’a sauvé, 5 minutes après le départ de nos assaillants, j’envoie un courrier à pied, par l’arrière du fort, prévenir la base marine de Mers El Kébir, à 15 minutes de trajet. J’ai souligné ma réaction lors des deux semaines d’interrogatoires que j’ai dû subir pour prouver mon innocence. Il n’y avait pas de faille dans ma défense et j’ai pu sauver mon galon de 1er Maître. À vrai dire j’étais venu à la DBFM pour les primes, mais non pas pour faire de la politique. Notre commandant de compagnie, nouvel embarqué a été puni de 15 jours d’arrêts. Le matelot fusilier parti avec l’OAS a écopé de 5 ans de prison. Jusqu’à notre rapatriement le 15 07 1962 l’ambiance dans les unités était explosive, il y avait les « pour »  et les « contre » OAS, un matelot du contingent a tenté de se suicider, seule sa joue était percée.
Je me retrouve à Bordeaux pour encadrer 150 élèves médecins à l’école de santé navale pendant 3 ans, ce fut ma plus belle affectation. Trop beau pour durer. La dernière année, j’attaque des cours du soir de technique du bâtiment en vue de mon recyclage. J’ai 34 ans, une maison en cours de construction près de Bordeaux, aux 3/4 finie. L’entrepreneur fait faillite et je n’ai pas un sou de côté, je la mets en vente, ça a duré deux ans. On me propose un poste d’adjoint au chef du QG au ministère de la Marine, j’accepte afin de pouvoir continuer mes études. En 1968 je décroche mon CAP de métreur en maçonnerie. 38 ans, 35 annuités, 6 ans de grade, je quitte la marine pour une entreprise de bâtiment en tant que technicien et continue mes cours du soir jusqu’à 40 ans. Carrière civile jusqu’à 60 ans. En 2000 je reçois la légion d’honneur grâce à mes trois citations (2 en Indochine, 1 en Algérie) À la retraite : jardinage, verger, la propriété fait 3200 M2 – Sport : gymnastique aquatique en groupe depuis 18 ans .... pourvu  que ça dure….

IMG + Texte: 16-3 - (Kurowski Michel)

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IMG + Texte: 16-3 a - Ma carte d'engagement en 1945 ( Recto) - (Kurowski Michel)

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IMG + Texte: 16-3 b - Ma carte d'engagement en 1945 - (Verso) -  (Kurowski Michel)

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IMG + Texte: 16-3 c - Ma carte d'identité en Palestine - (Recto) -  (Kurowski Michel)

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IMG + Texte: 16-3 d - Ma carte d'identité en Palestine - (Verso) - (Kurowski Michel)

De Balisson : je sais que mon ami Kurowski voyage également : à bord de sa Mercédès coupé sport il va de temps à autre en Pologne faire une cure de vodka et au retour en Bavière pour une autre cure … de bière, et c’est seulement après en avoir ingurgité une bonne dizaine, qu’il parle parfaitement la langue de Goethe….

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Incident à Port-Fouad ( Egypte)

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BONZI raconte

 

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Ce qui n'est pas tout à fait exact, ces soit-disant pêcheurs venaient de prendre couvertures et approvisionnements. Quand je leur ai dit de stopper, voyant que je n'avais aucune arme sur moi, ils m'ont fait un bras d'honneur. Le matelot FOURNEL à qui j'ai dit de tirer a lâché une rafale, mais une balle a dû ricocher et est allée se foutre dans le mollet d'un anglais. Alors, ROGEON, RICHARD et moi sommes allés à l'amirauté anglaise, car je ne parlais pas cette langue et ont arrangé l'affaire. En revenant le pacha m'a dit: la prochaine fois tu tires dedans.

 - Déclaration d'incident à Port-Fouad ( Egypte) - (Bonzi)

IMG+ Texte: 16-4 - ( Bonzi Jean)

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UN SOUVENIR DE VACANCES

Provence de beauté, de douceur et de paix !
Le poète est timide et qui pourtant seul ose,
Pleurer la tragédie sous tes monceaux de roses.
Oh ! mais tu pleures aussi... Dis-moi ce que tu sais.

( Partie d’un sonnet)

C’était au plein d’un été récent et des pleines vacances sur la côte varoise.
Partis de Toulon très tôt le matin, afin de rouler par la fraîcheur et alléchés la veille par les dépliants des offices de tourisme, nous avions, mon épouse et moi, décidé de visiter et filmer cette  délicieuse vallée qui, sur cinq ou six lieues de profondeur à partir du littoral, s’ouvre vers le Nord entre Toulon et Hyères.
Bordée à l’Est par le massif des Maures, à l’Ouest par une série de collines boisées et urbanisées, elle va montante et se rétrécissant du Nord-Ouest par la « barre de Cuers ».
Célébrée, chantée par une pléthore de poètes et d’écrivains depuis le siècle dernier, touristes et estivants de toutes races et nations y affluent, non seulement à la belle saison, mais un peu au continu toute l’année.
Il suffit des doigts d’une main, pour compter les adorables localités blotties dans ce merveilleux coin de Provence. Autant que leur joliesse, les vestiges nombreux de leur passé chargé d’histoire attirent également touristes et vacanciers.
Cependant, malgré cette affluence, ces bourgades enchanteresses, fraîches et tentantes pour le repos, respirent la paix. Et lequel, d’entre ces visiteurs, n’a pas eu un peu l’envie de prendre pied dans cette douceur, ce parfait bon vivre ?
Les offices de ce tourisme recommandent, mais en la conseillant le matin afin d’éviter le torride après-midi du lieu, une vue d’ensemble depuis le nord de la vallée, en gravissant la «  Barre de Cuers », dont le « Pilon » culmine à plus de 700 mètres.
Gravir vraiment ! Car seul un sentier de randonnées conduit au faîte. Mais cette fatigue, d’ailleurs bénéfique, offre à la vue non seulement l’inoubliable vallée, mais embrasse en retrait une région de vallons boisés, d’où dépasse un essaimage de localités aux villas blanches et toits rouges du plus saisissant effet.
Et puis aux limites éloignées, mais comme à portée de main, le regard s’enfonce entre les croupes de montagnes ravinées, sauvagement tailladées, écharpées en tous sens...
En se tournant vers la vallée, la vue rejoint la mer... Celle que l’on a surnommée « la grande bleue » scintille à l’horizon et situe son littoral, aussi bien que s’il était ourlé d’un feston de diamants.
Au premier plan, c’est le plongeon de deux à trois cents mètres sur Cuers. La rançon de sa beauté le rendant assez grouillant et saturé de voitures au mois d’Août. C’est déjà un peu la ville... Mais ici, dans ce site sauvage et grandiose de « La Barre », la nature est toujours vierge.
Immobile, l’air qu’on y respire délicieusement, avant que la brise du soir venue de la mer ne l’emporte, est fait de quintessence de parfums !
À peine tracés, des sentiers naissent pour aussitôt disparaître sous les plantes aromatiques et les fleurs de minuscules arbrisseaux... La moindre fente du sol granitique et schisteux, le plus petit interstice, nourrit une racine ! Et cette senteur qu’exhale leur profusion, violente et douce à la fois, semble se mêler à nous. Savoureuse comme une friandise, elle émeut la chair et l’esprit, nous imprègne, exalte, enivre...
Heureux pleinement, la pensée n’est que paix... Paix.
Transportés, on ne sent plus que joie de vivre... Vivre.
C’est la réflexion pensée que se faisait notre couple aux sens si abondamment comblés. Puis, fut-elle muette, une réflexion en libérant une autre, nous nous aperçûmes en même temps que cette félicité était également (et pourquoi pas ?), apéritive. Elle ouvrait l’appétit !... Alors soudain pressés de rejoindre notre véhicule parqué plus bas, le caméscope rejoignit son étui et nous décidâmes, après un dernier regard sur Cuers, d’aller nous y restaurer.
La matinée était déjà avancée. Après avoir vaincu le parcours pédestre et déjoué l’encombrement vacancier de la localité, nous abordâmes l’avenue où (toujours l’office du tourisme), nous avions repéré une alléchante « remise en forme ». Vite située, puis dépassée à la vue des parkings archi-complets, nous roulâmes encore quelques centaines de mètres avec l’intention d’y revenir par nos moyens naturels.
Rien ne nous pressait, à part notre fringale. L’auberge semblait comble et déjà nous envisagions des sandwichs, lorsque plus loin, occupant l’avenue qui devenait route nationale en direction de Toulon, une foule assez dense attira notre attention :
• Un accident, émit ma compagne !
• Je ne crois pas, fis-je. C’est trop calme...
Puis apostrophant des piétons qui se pressaient dans cette direction :
• Excusez... S’il vous plaît, que se passe-t-il ?
• On inaugure peuchère, me dit une femme manifestement du pays. Vous êtes vacanciers ? Vous avez bien le temps, suivez-nous, vous verrez bien...
• Bah! ...Pourquoi pas, avança mon épouse...
L’instant d’une mimique appuyée d’un coup d’oeil et nous leur emboîtâmes le pas...
Nous pensions à une inauguration d’intérêt public, ou bien à un buste ou statue d’ancêtre Cuersois méritant. Mais, mêlés à une foule sérieuse, plutôt grave et endimanchée autant qu’on peut l’être dans un pays où l’on circule en short presque toute l’année, nous vîmes découvrir une simple « plaque de rue ».
• Aucun intérêt pour nous, soufflais-je à ma compagne. Allez viens... On a faim!
Mais la curiosité qui nous avait poussés aux premiers rangs assez denses nous immobilisait bel et bien ! Déjà, à quelques pas devant moi, un grand vieillard, un paquet de feuilles en main, commençait une allocution...
L’assemblée s’était tue. Les murmures mêmes avaient cessé, faisant place à un silence quasi religieux... Le seul bruit venait des voitures qui, canalisées, circulaient au-delà des barrières délimitant et protégeant la cérémonie sur plus de la moitié de la chaussée.
• Tant pis, murmurai-je pour moi-même. On va subir...
Je l’avoue, très contrarié de ne pouvoir bouger, je n’écoutais pas, bien que mon oreille absorbât incidemment des mots au passage : « Rassemblés - Enfants de Cuers tombés - Cinquante ans - Libération. »
Ainsi les Cuersois, en Août 1994, baptisaient une rue (pardon, une avenue) du nom d’un des leurs tombé lors du conflit 39/45.
Cinquante ans ! Cinquante ans après !...
C’était toujours et partout pareil... À croire qu’il faille un demi-siècle aux faits pour remonter à la surface, où, peut-être, aux consciences pour se réveiller ! ? ...
Quelle c.......! Ça servait à quoi, à présent ? ...Les allemands de cette fin de siècle étaient devenus nos partenaires depuis des décennies, sinon nos amis...
Le bonhomme continuait, tout raide, imperturbable et grave : « honteux armistice - occupation - résistance - France-Libre ».
Des clichés archi-connus tout ça ! Rabâchés, épuisés, presque des Antiquités... Au minimum des banalités pour la plupart des jeunes saturés de téléfilms aux surhommes fracassants et autres Rambo !
Un peu malgré moi, je déchiffrai alors la plaque que l’on venait de découvrir et que j’avais devant les yeux : « avenue Léon AMIC - Mort pour la France (et autres détails). »
Sans vouloir minimiser, c’était arrivé à des milliers de milliers de pauvres types... qui étaient fichtrement oubliés ! Qu’avait - il de spécial, leur Léon AMIC ?!... Cinquante ans après...et en plaine saison de vacances... Je vous demande un peu...
Le discoureur tenait une bonne dizaine de feuilles et, je l’avais remarqué, n’en avait encore transféré qu’une seule en dessous du paquet.
- « L’affaire d’un bon quart d’heure quoi, pensai-je « furax ». Je te jure, le Pépé ! ».
Un Pépé qui en prenait à son aise... en »vieux machin » pas du tout pressé. Sa vois était forte et bien timbrée... Soixante-quinze ans, lui donnai-je... Quatre-vingt ?... Non; le  « vieux machin » lisait sans lunettes !
Des mots me heurtèrent à nouveau : «  Marine  nationale - escadre - Méditerranée - ».
Tiens, un marin ! Moi aussi, j’avais servi dans la Marine quelques années plus tôt...
Esprit de corps, solidarité des marins, fraternité ou tout ce que vous voudrez, mais, sans m’en rendre compte, mon ouïe, non pas plus attentive mais déjà moins subordonnée à ma contrariété, enregistrait...
Ma compagne, au même instant, tiraillait discrètement la manche de ma chemisette en murmurant :
• Oh ! tu sais que j’ai toujours faim...
Mais, stupéfaite; écarquillant des yeux ronds, elle m’entendit penché sue elle :
• Attends... écoute ça bon sang!...
Bien qu’inattentif aux premières feuilles lues, je récapitulai vite que le matelot mécanicien Léon AMIC, Cuersois engagé en 1938, avait, après l’armistice de 1940, été coincé sur son croiseur en Méditerranée, dans une possession anglaise d’Egypte.
Interrompant ici mon récit, la suite, ci-dessous, n’est autre que l’allocution du « Pépé  », parent de Léon AMIC, rapportée avec un maximum de fidélité.
Les parents de Léon, de vieille famille Cuersoise, n’avaient plus de nouvelles de leur fils...
Si pourtant, chaque mois, une carte probablement imprimée à Toulon, envoyée par les services administratifs de la Marine et soi-disant émanant de leur fils disait : »je vais bien »... ..Ceci jusqu’à fin  de 1942.
Là, les envois cessent et, pour les parents de Léon, commença l’angoissante attente... Pourquoi ce silence? ...Que lui est-il arrivé? ...Où est-il? ..Rien... Les jours, les mois... Deux ans passent encore sans apporter le moindre  renseignement aux parents plongés dans une inquiétude mortelle...
Huit Juin 1944 ! C’est le débarquement en Normandie... Fol espoir... Les jours passent... Rien... Aucune nouvelle...15 Août 1944 ! ...Nouveau débarquement, cette fois sur les côtes varoises... Nouvel espoir... Cruelle attente, cruelle inquiétude...
La zone des combats se rapprochant de Cuers, la plus grande partie de sa population, craignant des bombardements, se disperse dans les collines, cherchant un abri dans les cabanons...
La famille de Léon AMIC se trouve entassée avec d’autres parents dans un cabanon entre Cuers et Valcros...;où elle se croyait à l’abri alors que, sans le savoir, elle s’était installée juste dans le plan de tir des batteries alliées qui tiraient sur le fort du  Coudon, occupé par l’ennemi...
Un voisin qui était resté chez lui à Cuers, arrive hors d’haleine en criant entre deux essoufflements :
• Je viens de voir Léon...Je viens de voir Léon !...
Il apporte aussi un message. Une simple feuille de cahier écrite au crayon, à la  vite-vite... Le mot est bien de Léon, premier signe de vie vraiment de sa main, après plus de quatre ans !
Il leur écrit que son commandant, le Lieutenant de vaisseau  BRASSEUR-KERMADEC, sachant qu’il est de Cuers, lui donnera la permission d’aller embrasser ses parents, lorsque l’attaque sera terminée... Quelle attaque?... Qui est ce commandant?... Qu’importe, fous de joie, les parents replongent cependant dans l’angoisse... Quelle attaque?... Leur fils est en danger et l’inquiétude se poursuit.
Cuers est libérée... Les familles rentrent chez elles... Le village a été épargné... Quelques jours passent et le canon gronde toujours en direction de la côte... Le 22 Août, un porteur de message se présente à eux : « votre fils a été blessé à l’attaque de  La Valette. Ce n’est pas grave, un bras cassé... Il se trouve à l’antenne chirurgicale de La  Valette. »
Fous d’angoisse, incapables, sur le moment, de réagir, c’est la soeur de Monsieur AMIC qui réussit à trouver le taxi de Cuers et à persuader son  propriétaire, ami de la famille, de les conduire à La Valette...
Arrivés à l’antenne (hôpital de campagne), on les rassure. On leur dit : »votre fils vient d’être évacué sur l’antenne de La Crau. Il a un bras cassé, ce n’est pas grave... »
Le taxi repart pour La Crau... Nouvelle antenne chirurgicale... Là le personnel est très réservé... On leur dit : »votre fils a été transporté à Hyères, à l’hôtel du Golf »... Impossible d’avoir un autre renseignement...
Arrivés à l’hôtel du Golf, c’est l’embouteillage ! Les morts et les blessés arrivent par camions entiers... c’est la cohue... Ils essaient de se renseigner... Finalement, une infirmière leur montre du doigt le couloir qui traverse le bâtiment et leur dit :  « Là-bas... au bout... »
Là-bas... au bout, c’est un terrain vague derrière l’hôtel...
Une pelleteuse creuse une tranchée... Les cadavres y sont alignés bout à bout et un petit bulldozer  recouvre aussitôt le tout.
Leur fils est déjà recouvert, des fleurs sont déposées sur sa tombe ainsi que sur les autres... Des fleurs fraîchement coupées que des jeunes filles en larmes étalent sur les tombes à peine refermées...
Des jeunes filles d’Hyères, qui venaient pleurer sur les tombes d’hommes qu’elles n’avaient pas connus, comme si l’instinct maternel était en elles et si, inconsciemment, elles en voulaient au destin de leur enlever les hommes pour lesquels elles étaient faites...
Plus  tard, les parents effondrés ont connu la longue aventure de leur fils Léon :
Léon AMIC, élevé dans les principes d’honneur et d’amour de la Patrie, ne supporte pas la passivité imposée par les dirigeants de la France occupée. À Alexandrie, il rallie les Français-Libres de la première division, commandée par le Général Koénig.
Bir-Hakeim - Tobrouk - Benghazi - Tunis - Cassino - Rome et la poursuite des allemands jusqu’en Toscane...
Le 16 Août 1944,   quartier-maître d’half-track, il  débarque à Cavalaire avec le premier régiment des fusiliers-Marins (formé à Londres en 1940 et qui n’a cessé de combattre depuis). Parti de Pierrefeu, en appui d’un élément d’infanterie, il est l’un des premiers à pénétrer dans Cuers, peut-être le premier...
Il ne peut se retenir de faire un détour jusqu’à la maison de ses parents qu’il espérait embrasser et laisse un petit mot à son voisin qui le connaissait très bien...
Blessé sans gravité à l’attaque de La Valette, l’ambulance qui le transportait à La Crau a pris de plein fouet, au carrefour de La Pauline, un obus tiré par la batterie du Coudon.
Devant la détresse de ses parents, à l’antenne chirurgicale de La Crau, puis à l’hôtel du Golf à Hyères, personne n’avait eu la force de leur dire que leur fils venait d’être tué...
À ceux qui m’ont écouté. Aux jeunes surtout qui n’ont pas vécu ces années douloureuses de 39/45, lorsque vous passerez devant cette plaque, ayez une pensée émue pour ce jeune Cuersois mort pour la France à 24 ans.
Je remercie ceux qui ont oeuvré pour que cette plaque puisse rappeler pendant longtemps le souvenir de ceux qui ont tout donné pour que nous puissions vivre libres...
Il n’y eut pas d’applaudissements, tout au moins immédiats, lorsque la voix du « Pépé », devenue rauque, avant de se casser aux dernières phrases, se tut...
L’émotion ambiante, celle même qui me nouait la gorge et inondait les joues de ma compagne, n’avait pas besoin de cette extériorisation bruyante...
Personne dans l’assemblée ne bougeait. Seuls bruissaient comme des sanglots étouffés et on se mouchait un peu partout...
Toujours immobile, le grand vieillard, très droit, très pâle, n’essuyait pas ses joues...
Puis, doucement, très doucement, comme pour ne pas trembler, il glissa sa dernière feuille sous les autres...

De la part de mon ami: André-Jean RAGOT, ( 1er RFM)

IMG + Texte:  16-5 - (A.J. Ragot)

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La nuit sanglante
Courrier du lecteur « la tribune N°25
En Juillet 1999 « la tribune » N° 25 traçait une biographie succincte de notre citoyen, Monsieur A.J. Ragot.
Un habitant de Meudon (92), Monsieur Jean Quéguiner, officier de Marine, ayant lu par hasard cette tribune, fort troublé par la relation de A.J . Ragot (massacre  « délibéré » de soldats américains par la marine française, à Oran en 1942), et n’ayant pu, en dépit de ses recherches auprès d’instances intra et extra hexagonales, obtenir des précisions, souhaite que Monsieur Ragot les lui fournisse…
Bien que n’étant pas personnellement sollicité, notre concitoyen, témoin au tout premier plan de la tragédie de cette nuit terrible, y consent d’autant plus volontiers, qu’il y pense depuis bientôt soixante ans…Il a jugé bon d’intituler son récit qui, il l’espère, intéressera aussi tous ses amis de Buch :

                         ----    La nuit  sanglante   ----

La situation en 1942 : depuis Avril, LAVAL, pro-nazi, remplace l’amiral DARLAN dans ses fonctions. L’Etat français est à la « Kollaboration » avec l’Allemagne. L’Amiral DARLAN, qui en 1941 souhaitait la victoire de l’Allemagne sur l’Angleterre et y croyait (Berchtesgaden 12 Mai 1941), n’en est plus aussi certain…Nommé  dauphin officiel du Maréchal Pétain, ils déclarent conjointement que les possessions françaises se défendront contre tout agresseur, quel qu’il soit.
L’état d’esprit : attentisme !. L’Afrique du Nord, vichyste, a une confiance aveugle en Pétain et Darlan son successeur désigné. La Marine nationale, sans être pro-Allemande, cultive la haine de l’Angleterre depuis son agression à Mares-el-Kébir le 3 Juillet 1940 ( ) 6 Km d’Oran).
Le Général De Gaulle, en 1942 est toujours le félon condamné à mort. Les gaullistes ne sont pas des Français Libres, mais des dissidents, traîtres à leur Patrie et sont, lorsqu’on peut les appréhender, condamnés et exécutés ! ( Oran Mars 42).
Je dormais à quelques mètres du quai ce 8 NOVEMBRE 1942 lorsque, vers 1 H 45 du matin, le souffle, dû à l’explosion d’un navire de guerre au milieu du bassin de la Marine Nationale ( Marine Oran) (1), pulvérisa le vitrage du service « Z » ( gestion des masques à gaz pour l’Algérie) et bouscula le hamac que, chaque soir, j’accrochais d’un mur à l’autre, dans un angle de l’atelier.
L’opération « TORCH », nom de code du débarquement  anglo-américain en A F N, simultanément sur trois points : Algérois, Oranie, Maroc, venait de commencer pour les Oranais.
Outre les débarquements à quelques kilomètres de part et d’autre de la ville, deux petites unités britanniques, les corvettes Wolnay et Hartland devaient, dans la nuit sombre de saison, augmentée d’un black-out rigoureux, se faufiler, se glisser, tout au fond du port de commerce, jusque dans le cul-de-sac de Marine Oran afin d’y débarquer un bataillon de RANGERS U S chargé de l’envahir rapidement et la neutraliser.
Si l’on sait, que le port d’Oran assez resserré sur plus d’un kilomètre de long, ne manquait pas, comme tous d’obstacles sévères durcis, encore par le black-out, cela semble une gageure…Aussi, la pénétration facile et le cheminement nuital tranquille de ces deux étrangers jusque dans le bassin militaire situé tout au fond, m’a toujours laissé, ainsi qu’à beaucoup, l’esprit fort perplexe…
On peut parler d’exploit, d’audace inouïe et payante…Même du « mouchard » de l’aviation US repéré dans l’après-midi…Mais aussi et bien plus plausible, de parfaits enseignements et complicités portuaires de longue date, tant civiles que militaires.
Et puis, à l’appui des perplexités, j’ai scrupules à méconnaître le « savoir-faire » anglais qui, en plus des atouts cités, n’a pu jouer cette partie qu’avec l’atout majeur, soit : le pilote expérimenté et surtout familier des lieux ! ( Quel marin contredira ?). On fit état, longtemps après coup, de sentinelles égorgées. Un classique possible du « travail » Rangers ou Fusco…Mais où, comment ???
Détaché « Z » depuis l’arsenal de Toulon, seulement subsistant à Marine-Oran, je l’ai parcourue, sillonné le port, longé la jetée. J’ai vu, dans la grotte de la falaise où s’adosse Marine-Oran la vingtaine  de marins rescapés du HARTLAND, trempés, souillés, brûlés, la plupart hagards…J’étais là, pendant les premiers interrogatoires « sur le vif » des pauvres types. Au matin, avec un camarade, j’ai convoyé plusieurs d’entre eux jusqu’à l’hôpital… Nulle part, même là, je n’ai vu ou entendu quoi que ce soit faisant état d’égorgement de sentinelles. Pas même d’échos les jours suivants ! Aussi, j’en doute fortement.
Quoi qu’il en soit, entre 1H 45 et 2 heures  au matin de ce 8 Novembre 1942 deux bâtiments de la flotte anglaise ( WOLNAY, chargé, bourré d’un bataillon de soldats d’élites prêts à bondir sur les quais, suivi à toucher du HARTLAND portant état-major et matériel s’apprêtaient à conclure en accostant  à l’emplacement même du contre-torpilleur EPERVIER qui, sur la foi des instructions et documents que leur commandant avait en mains, ne devait rentrer que le  lendemain d’une mission de surveillance et documentation : une escadre étrangère croisait au large des côtes oranaises depuis une trentaine d’heures.
Pourtant, impromptu, l’EPERVIER revenu à son mouillage peu après la tombée de la nuit, racé, superbe, comme ironique, tel lorsqu’il se repose ce fier rapace dont il portait le nom…emplissait le quai et l’interdisait ! Stupeur du WOLNAY ! Indécision… Désarroi peut-être…Avec,   dans les dernières secondes de vie du commandant, la pensée horrible du traquenard ! Dans le même temps, contre-manœuvre, recul, tentative de virage, bruyants brassements d’eau près du HARTLAND stoppé lui aussi… Et depuis les ponts des torpilleurs : TORNADE, THYPHON, TRAMONTANE, mouillés aux appontements tout proches, les projecteurs inondèrent les intrus de leur clarté.
Quelques secondes…Le temps, pour nos marins stupéfiés (mais tellement prêts !) d’identifier l’agresseur : l’anglais tant haï !  Et les premiers projectiles du déluge infernal qui fondit sur lui, ajustés à bout –portant (à peine 50 mètres), furent implacables. Percé en plusieurs « bons endroits » de la poupe à la proue, dans le rugissement d’explosions en chaînes presque simultanées, WOLNAY disparut dans un gigantesque geyser de flammes, une monstrueuse déflagration supprimant toute vie… Et sa coque vidée, chauffée à blanc, s’inclina avant de reposer sur le haut-fond du bassin dans les minutes qui suivirent. (2)
HARTLAND lui n’explosa pas, se maintenant en surface en dépit des projectiles de tous calibres qui le hachaient, n’était déjà plus qu’un brasier furieux où grondaient de sourdes déflagrations internes…
J’ai quitté « l’atelier Z », à l’angle de la jetée et du quai Ouest, dans le bruit infernal des tirs, des explosions, des clameurs, des ordres hurlés, des galopades…Projetés de ce côté par la désintégration du WOLNAY, le quai était jonché de débris matériels méconnaissables et de restes humains innommables. Des tas, enchevêtrés, fumaient ! Des corps à la face noircie, harnachés en guerre, semblaient intacts, à côté de morceaux déchiquetés !… On écrasait de la viande…J’ai glissé sur un paquet de viscères !… Tout au bord du quai, comme si on les avait  simplement posées là côte à côte, j’ai bousculé une paire de grosses chaussures qui m’ont paru bien lourdes… Les pieds étaient toujours à l’intérieur !
Le mot qui venait à l’esprit était : boucherie !
La surface de l’eau était couverte de corps par endroits. On en distinguait aussi flottant entre deux eaux, dévoilés par l’illumination du brûlot secoué de déflagrations qui était encore le HARTLAND peu avant… Les tirs, les rafales cessèrent  assez rapidement, n’ayant plus rien à ajuster. Les cris, les ordres, les galopades s’estompèrent…Seuls des appels venant de l’eau, de droite et gauche et des hurlements angoissés, en face, de l’autre côté du bassin.
Des coups de révolver partaient de la jetée, non loin de moi. J’approchais : entouré de quelques hommes, un Enseigne de Vaisseau de Marine-Oran, que je connaissais bien pour avoir appartenu au tribunal militaire qui en Mars avait fait fusiller deux « Gaullistes » ayant tenté de rallier Gibraltar avec leur cargo «  le Gabriel Guist Hau », faisait des « cartons » sur tout ce qui semblait bouger encore dans l’eau… Sidéré, révolté, je lui lançais la devise tant prisée de nos Officiers de Marine : «  Marine oblige, Lieutenant ! » Sa réaction : furieuse «  Quoi !… Vous dites ? … Vous voulez les rejoindre », et son « modèle 92 » braqué de mon côté m’avez fait, je l’avoue, détaler…
Le lendemain 9 Novembre, le Commandant de la Marine dans une absurdité criminelle baptisée : « Sauver l’honneur » envoya l’EPERVIER, les torpilleurs TRAMONTANE, TORNADE, TYPHON, l’aviso SURPRISE, les sous-marins  ACTEON et ARGONAUTE, se faire massacrer et couler par les croiseurs anglais dès leur sortie du port au mépris total du matériel et des équipages tués… (3)
Le 10, alors qu’Alger avait cessé le feu son fanatisme Vichyste bravant le fatigue due à tant de cadavres de jeunes marins qu’il venait d’enjamber, lui fit saborder 4 sous-marins, 7 patrouilleurs et dragueurs, 13 navires de commerce et 3 docks flottants !…Afin, en embouteillant le port de « sauver l’honneur » encore plus profondément… Quelques instants avant l’ordre de « cessez-le-feu ».
Je conçois l’incompréhension de la jeunesse férue d’histoire, après un tel témoignage. Aux questions : «  Mais pourquoi ? Sur quelles raisons, quelles motivations ?… Alors qu’américains et Britanniques venaient en alliés.
Aussi la réponse étant contenue dans «  A BRAS LE CŒUR » (pages 149 – 150) de Roger BARBEROT (dernier commandant du fabuleux et légendaire 1er R F M ) (R.Laffont  1972), je vous la livre : « Comment des imbéciles de la trempe d’un amiral de LABORDE, d’un GENSOUL, ont pu, sans jamais que la supercherie soit dévoilée, arriver au sommet de la hiérarchie militaire. Par quel mystère ces ânes chargés de reliques ont-ils pu faire oublier qu’ils étaient des ânes ?
Comment a-t-on pu confier une Flotte, le sort de dizaines de milliers d’hommes et des centaines de milliards de matériels à de pareils imbéciles ?
A. J. RAGOT, Mai 2000  , ancien du 1er RFM  et de la DFL (auteur de « Peau d’lapin )
(1) Marine-Oran : Flottille de S M type JUNON – Torpilleurs type TORNADE – Contre-T, type EPERVIER – Compagnie de garde, casernements et annexes – Ateliers réparation et entretien torpilles et grenades – Bureau militaire- Quelques divers, dont le service Z.
(2) Dépassant légèrement de l’eau, elle y fut visible plusieurs décennies.
(3) Seul, TYPHON, fort avarié, pu rentrer – L’équipage de l’EPERVIER (incarcéré ensuite), échoua son navire pour sauver les vies…

De la part de mon ami: André-jean RAGOT ( 1er RFM)

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Torpilleur "Tornade" coulé le            Contre torpilleur "Épervier" détruit le 09 11 1942

08 11 1942 -opération "Torch "                       opération "Torch"

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Torpilleur "Typhon" détruit le 09 11 1942, opération "Torch

IMG + Texte: 16-6 - (A.J. Ragot)

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LES FORBANS MAGNIFIQUES


50 ème ANNIVERSAIRE DE LA VICTOIRE DU 8 MAI 1945
LES FORBANS MAGNIFIQUES
Poème épique,   en hommage et à la mémoire d’hommes hors du commun: LES FUSILIERS-MARINS de la FRANCE-LIBRE (1 er R F M) (  compagnon de la libération), et à travers eux, à tous les français qui se sont sacrifiés pour la liberté et la justice.
Note : Forban n’a aucun rapport avec soudard ou voyou. Ce nom, dans la Marine Royale, se donnait au corsaire qui, prenant la mer sans autorisation, allait faire la guerre pour son propre compte.... Reproche que le général de la 1 ère D F L, Diégo Brosset, adressait parfois à cette extraordinaire unité.
• Le battle-dress britannique
** «  La 1 ère D F L » du Général Yves Gras - page 260.

Bannis de la patrie humiliée... asservie...
Patriotes fervents. Marins jeunes et forts.
Intrépides, ils avaient sacrifié leur vie.
L’espoir, par le combat, était seul réconfort.

Combattants absolus à la foi souveraine,
Sous l’uniforme ami, qu’en France on condamnait.*
À peine une poignée sous la croix de Lorraine :
Symbole dans lequel leur lutte s’incarnait.

Le Fusilier-marin de notre France-libre,
Des sables aux montagnes, aux nazis s’opposa.
Artilleur, cavalier, mais Marin dans ses fibres
Et qui, à Bir-Hakeim, un contre dix, osa !

Au regard tous avaient la lueur intraitable.
Ô France souviens-toi... tes héros dérangeaient !
Et l’allemand craignait ces hommes redoutables
Qui, dès quarante-deux, la débâcle Vengeaient !

Labourant le désert, abreuvés d’eau croupie,
Étouffés par le sable en ouragan cinglant...
Sachant que, sous leurs roues, la mort était tapie :
Les mines ennemies dans leurs fracas sanglants !

Puis vint El-Alamein, Tunis et l’Italie...
De joie pleurant, aux plages du débarquement !
Leurs tombes ont jalonné nos campagnes jolies
De Cavalaire aux Vosges, au contact  allemand.

Enfin jusqu’à l’Authion, ils portèrent l’épée.
Les ultimes tués... luttaient depuis quatre ans !
L’histoire connaît peu de semblable épopée...
Fantastique aventure, ils allaient l’illustrant.

D’aucuns ont qualifié l’unité héroïque
Fortes têtes, exaltés, même Royal-Voyou ! **
« Pauvres crétins enviant mes forbans magnifiques,
Jugea le grand Brosset, Général casse-cou!


Et le temps a passé... Sublimant leur mémoire.
Sakos n’évoquant pas de doux Enfants de Chœur...
Quel drapeau cependant assume autant de gloire ?
Fors la tâche sacrée, indomptés et vainqueurs !

Ô frère inhumés sous tant de croix grossières !
Après cinquante années... Si vos corps ne sont plus;
Humus ou noir terreau, mêlés à la poussière...
De nos coeurs, nos pensées, jamais exclus !

De la part de mon ami: André-Jean RAGOT - (1er RFM)

AJ_RAGOT

Je vous présente André-Jean RAGOT, ancien du 1er RFM et de la DFL, auteur du livre" PEAU D'LAPIN", ouvrage désopilant, fracassant, satirique, anti-conformiste, plein d'humour, une histoire d'hommes pour les hommes.

Pas du tout surpris lorsque j'ai reçu sa photo, c'est bien ainsi que je me l'imaginais: teigneux, acide, corrosif, abrasif, volontaire.

IMG + Texte: 16-7 - (A.J. Ragot)

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HONNEUR  AUX  FORBANS


Une poignée de volontaires
Pas portée permissionnaire,
A choisi naturellement
De combattre les allemands.

Ils ont préféré se battre,
Choisissant leur ennemi,
Bataillant avec de Lattre
Dans le rang des insoumis.

Engagés dans la fournaise,
Là, où personne ne biaise,
C’est au prix de leur courage
Qu’ils  sortiront du carnage.

Tel ce Fusilier - Marin
Qui s’appelle Peau de Lapin,
Qui a fait du bon boulot
Avec son copain Ragot.

Et il n’est guère étonnant
Qu’ils ont eu très chaud aux fesses,
À vous voir au fil des ans
Avec encore tant d’allégresse.

Honneur à vous, tous les anciens
D’avoir suivit le bon chemin.
Soyez-en sûrs, et même certains,
Vos sacrifices ne s’ront pas vains.

   Dédié à A J Ragot
Balisson Jean-Claude - 15 10 2003 - Le Mans

IMG + Texte 16-8 - (Balisson Jean-Claude)

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F  N  F  L   ETERNELLES !


Ce poème, conçu à l’occasion du cinquantenaire de l’appel du 18 Juin 1940, est dédié aux Forces Navales Française Libres.Corvettes ALYSSE et MIMOSA : torpillées en mer du Nord en 1942. Équipages presqu’entièrement disparus. Même époque : la Corvette ACONIT coule deux sous-marins allemands dans la même journée.


Enthousiastes, ils avaient sacrifié  leurs vies !
Au plus lointain des mers, marins jeunes et forts.
Bannis de la patrie humiliée... asservie
L’espoir, par le combat, était seul réconfort.

Combattants absolus, à la foi souveraine,
Que les traîtres, les veules, en France condamnaient !
À peine une poignée sous la croix de Lorraine,
Symbole dans lequel leur lutte s’incarnait.

D’un continent à l’autre, intrépide navette,
Le bateau Français-Libre aux nazis s’opposa.
Avisos, torpilleurs et vous frêles corvettes;
L’une avait nom ALYSSE... une autre, MIMOSA...

Labourant l’océan, y veillant sans répit,
Dans la plainte des vents, giflés du froid cinglant.
Sachant qu’en dessous d’eux la mort était tapie...
La torpille ennemie, dans son éclair sanglant !

Cinquante années déjà... Le flot nous les a prises.
Engloutissant, des voix, les appels déchirants.
Le coeur F N F L ..., en l’évoquant, se brise...
Ainsi qu’au premier jour, St Pierre * va pleurant.

Au regard tous avaient la lueur intraitable.
Ô France souviens-toi... Tes héros dérangeaient !
L’allemand les craignait; étranges, redoutables,
Et deux fois en un jour, notre ACONIT Vengeait.

Frère, la mort n’est rien, car ce n’est qu’un passage !
Quand le suprême don s’écrit ; Fécondité.
Lorsque le sacrifice est un glorieux message,
Au front du temps, tu as, Marin, l’éternité !


• St Pierre et Miquelon, base navale F F L

A.J. Ragot - 18 Juin 1990

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Corvette "ACONIT", le 11 03 1943, coule 2 sous-marins allemands dans l'Atlantique Nord

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Corvette "ALYSSE", le 08 02 1942, est torpillée au large de Terre-Neuve

IMG + Texte: 16-9 - ( A.J. Ragot)

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REDRESSONS LE MARIN


( 1945 - 1990) Rétrospective et actualité F N F L.

Quand cessa le conflit, à bientôt cinquante ans,
Qui ne fut dérouté ? ...Qui ne fut hésitant ?...
Il nous fallut pourtant accepter l’évidence;
Le temps était venu d’abandonner la danse !

Ce n’était pas à nous, ayant tout  fait pour ça,
De sembler contrarié, qu’enfin, elle cessât !

Être vivant déjà...( la baraka sans doute),
Alors que tant d’amis étaient tombés en route.
Ils pourraient, comme nous aux valeurs, attachés,
Être ce soir ici... et nous, là-bas, couchés...

Pourtant, sans transition, laisser risque et bataille
Pour un quotidien plat, noyé dans sa grisaille...
Quitter d’un coup danger, enthousiasme et ardeur,
Met en l’air la santé du meilleur baroudeur !

On ne bourlingue pas de Saint-Pierre * à l’Alsace
Et pendant tant d’années, sans chérir sa besace !

Le passé se levait et marchait devant nous,
Comme pour nous tenir encore à ses genoux !

Beaucoup, pour se soigner, ont rejoint la Marine.
Les plus malades ont pu, courir vers l’Indochine.
Se sachant concernés; déjà sur le tremplin...
Nos as en politique plongèrent à temps plein.

D’autres, c’est le chalut. Presque tous ont pris femme.
Même un s’est fait curé... quitte à sauver des âmes.
Ainsi pour nous la vie, reprenant son élan,
Vers toutes destinées coula bon an, mal an...

Et puis «  passe le temps » et jeunesse appareille.
Vient la maturité... amenant sa bouteille.

Que tu es loin déjà, ô marin frais et beau,
Au front de qui la gloire avait posé son sceau.

Le ventre s’embrioche et la toison grisonne.
Et la belle épousée, hélas !... change en bobonne !
Aux dents perdues on gagne un sourire à créneaux.
Et bientôt se profile ou prothèse ou râteau.

Mais ça, ce n’était rien Quarante à cinquantaine...
Préparant gentiment des années plus certaines.

Les cheveux argentés cavalent vers le blanc.
Certains portent moumoute, en presque ressemblant !
Pourtant, le crâne à nu, si tant il se dénude,
Est souvent bien porté, dès qu’on prend l’habitude.

D’autres, ne craignant pas de s’avouer vaincus,
Montrent un si grand front, qu’il leur va jusqu’au ...
Sans oublier, bien sûr, tous les « durs de la feuille ».
Le coincé du sciatique, au fond de son fauteuil.

On ne s’attarde plus, tant on est maltraités,
Au miroir qui renvoie nos gueules retraitées !
Ce vieux qui nous regarde, afin qu’on réalise,
Que c’est bien sous les yeux, qu’on porte nos valises !

Et le coeur qui déconne... Et le foie à vau-l’eau.
Prostate, asthme, diabète... et voilà le tableau !

«  Ce sako, direz-vous, s’il se croit agréable
De déballer tout ça, lorsque l’on est à table !
Si son but est vraiment de couper l’appétit  ?
Il suffit des cachets dont on est tous nantis.

Mais ne m’en veuillez pas; je m’oblige à décrire.
À mieux énumérer, afin de mieux en rire...
Car ce n’est pas fini ! Et il n’est pas exclu,
Que plus avant irons; plus bancals et perclus...

Si nous n’y pouvons rien, tout au moins pas grand-chose,
Qu’au moins la dérision nous aide à voir en rose.

Lorsque nous évoquons, heureux, joyeux, riants,
Les barouds ou bordées dont on fut si friands,
Nous savons que jamais, je le dis sans ambages,
Nos congés ne seront, des clubs du troisième âge !

Le Marin  F F L  n’offre pas prise au temps.
Le coeur F N F L  est toujours d’un battant.

Pourtant... mélancolique, si mes pas m’amènent,
À croiser le chemin d’un joli spécimen,
De celles qui, jadis,   touchaient notre pompon...
Bien sage resterai... Opprobre au vieux crampon.

Et ainsi va  la vie... droit vers l’ultime quille...
« Crois-tu, dis ma moitié, toujours toucher tes billes ? »
J’avoue que  j’ai trouvé, ta pique mal venue...
Chère bobonne à moi... Mémère devenue...

Allons les gars, du cran ! Honorons la marine !
Et cambrons bien les reins. Et bombons la poitrine !
Que notre résistance, encore à ce combat,
Tienne prête l’ardeur, qui jamais ne tomba.

Prêts à  boire un bon coup ! Prêts à prendre la mer  !
Prêts, toujours, Pourquoi pas ?... à ... honorer Mémère ! ???...(*)


• Saint-Pierre et Miquelon : base navale F N F L
• Variante : à... sauter sur Mémère
( Cette allocution versifiée et humoristique dite en fin de banquet d’A C  est valable pour toutes les armes. Il suffit d’y changer quelques appellations)
A  .   J  .  Ragot     Paris 02 1984, remanié en 1990

IMG + Texte: 16-10 - (A.J. Ragot)

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LES VEAUX


«  Les français sont des veaux »  !
Disait notre Grand Charles.
Hélas ! rien n’est nouveau...
Voulez-vous qu’on en parle ?

Il descendait alors
Nos fiers Champs Elysées.
Où, tassée jusqu’aux bords,
Fort gueulante et grisée,
La foule de français,
Épaules contres épaules,
Comme si rien n’était…
Hurlait «  vive De Gaulle ».

Multitude d’humains.
Badauds de pire espèce !
Qui saluait des mains...
Par pure politesse;
Le Grand Chef savait bien,
Son âme en était triste,
Qu’en gros ces parisiens
Jouaient là les fumistes.

Quelque cinq mois plus tôt,
Ce grand troupeau, le même !
Beuglant... Incognito,
Acclamant, sans problèmes,
Ovationnait Pétain;
Nazifié et sénile.
Tout comme la putain
Vendue, se fait docile.

Déjà son opinion
Par Alger s’était faite.‘
Qui s’était, comme action,
Complue dans la défaite,
En restant «  arme au pied » !
Honteux soldats d’Afrique
Et marins réfugiés,
Qui parlaient politique...

Pendant plus de deux ans,
Planqués, béats, tranquilles.
Collabos complaisants.
Pour l’allemand : serviles !
Amiraux répugnants,
Livrant des  F F L !...
Ou bien les fusillant,
Comme vils criminels!

Bombardant de leurs forts,
Flotte et troupes U S.
Et donnant sans remords,
Dans leur bêtise épaisse,
À l’ennemi Teuton,
Nos navires et Bizerte !
Sans gêne croirait-on,
Pour leur conscience inerte...

Puis furent vaincus;
Virant  telles girouettes,
Canons U S aux culs
Et raclée des plus nette...
Sinon, sans ces efforts,
Au sol laissant les armes,
Quarante-cinq encore,
Les eût trouvés en larmes !

On les dit «  rachetés »,
Après... par la bataille.
Vraiment, (  sans contester),
Fallait bien qu’ils y aillent !
Un passé bien plié,
Retraités solennels.
Pensant : ( c’est oublié),
Tient très haut sa chandelle.

Seraient-ils les Aïeux ?
De ces légions en France,
De cuistres ambitieux,
Français de la navrance ?
On voudrait qualifier ...
Vérité  peut permettre...
Commençant par un C,
C’est un mot de huit lettres !

« Les français  sont des veaux »!
Dit l’ombre du Grand Charles.
Au plus bas des niveaux !
Du dégoût ?... On en parle...


Inspiré Avril-Mai 1997 par la malhonnêteté  de certains A C français
A .J. Ragot - Français-Libre 1 ère D F L  (auteur de peau D’lapin).

IMG + Texte: 16-11 - (A.J. Ragot)

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Alexandre Sanguinetti

Sanguinetti

IMG + Texte: 16-12

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Revue de presse

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IMG + Texte: 16-13

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PENFEN  au combat

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IMG + Texte: 16-14

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Les canards de Cholon

 

Mon père, ancien fusilier marin du commando Jaubert, se trouvait en Indochine en 1948. Il m’a raconté, mi honteux - mi rigolard, que du temps de la présence française une pittoresque activité avait cours dans Cholon, le quartier chinois de Saïgon.

 Je n’y étais pas, les détails techniques manquent ou peuvent être inexacts…Je prie donc les témoins directs de ce qui va suivre d’améliorer ce récit qui se veut le plus précis possible.

 

En Indochine comme ailleurs, de retour d’opération ou un simple jour de permission, les hommes partaient se distraire en ville, et la soirée de détente se terminait bien souvent dans une maison close.

Or il arriva qu’un client confortablement installé sur une belle Annamite fut poignardé à mort par la jeune fille qui disparut dans la nuit.

 La nouvelle fit le tour des compagnies, déjà au courant que certaines prostituées tentaient de questionner les soldats sur les mouvements et opérations en projet pour renseigner le Viet Minh, le mouvement de résistance local. Quand les assassinats au bordel commencèrent, ce fut l’effarement dans les garnisons. Il fallut redoubler de vigilance, surveiller chaque chambre, garder les yeux bien ouverts sur les gestes et le regard de la partenaire.

Gênés par cette contrainte, ébranlés par ces morts qui témoignaient de l’hostilité d’une partie de la population, les militaires désargentés se cantonnèrent un temps dans leurs quartiers, avant de découvrir une alternative, un pis aller mis au point par les tenanciers chinois prêts à tout pour proposer une activité lucrative…

Arrivé à Cholon, et contre quelques piastres, le jeune homme était donc isolé dans un box, près d’un meuble à tiroir et d’un canard vivant. Pour décharger son trop plein d’énergie, il fallait d’abord « enfiler » le canard, sans doute bâillonné pour taire sa douleur aux voisins et  à ses congénères destinés au même sort dans le charmant établissement.

Le calvaire de la bête ne faisait que commencer, car son « client » lui coinçait la tête dans le tiroir, et la besognait avec plus ou mois d’ardeur selon la docilité du volatile. Chaque mouvement serrait le cou du canard pris dans le tiroir, et son autre extrémité se serrait aussi dans un rythme qui provoquait la jouissance ultime du viril partenaire.

On imagine aisément que l’inoffensif animal mourait sous ce traitement spécial, sacrifié au service de l’Armée française désormais à l’abri du poignard des douces traîtresses.

Peut-on également imaginer, sans exagérer, que les malheureux volatiles étaient ensuite servis sous forme de lamelles laquées ou autres nems sauce soja, sur un lit de riz gluant ?!

 

J’ignore si mon père et ses copains, poussés par des temps de vache maigre, ont farci de nombreux canards de la sorte. Je sais par contre qu’il a beaucoup aimé l’Indochine, ses paysages, ses habitants, et qu’il se serait passé d’y faire la guerre…

Quelques précisions concernant notre canard

 

Le canard, comme chacun d’entre nous le sait est un palmipède dont les ergots sont inoffensifs . Lorsqu’il avait la tête coincée dans un tiroir il se débattait en agitant ses pattes palmées qui allaient « titiller » les gonades de son « agresseur ».

En la circonstance, tout est dans la mesure, ne pas précipiter les choses, en l’occurrence : éviter de fermer le tiroir trop rapidement afin de bénéficier le plus longtemps possible de cette « caresse » qu’aucune femme au monde ne peut prodiguer…..

Mais ce n’est que le prélude à l’orgasme final, macabre certes, mais ô combien puissant et évocateur. Selon les dires des anciens, et je veux bien l’entendre, le corps de la pauvre bête, comme l’a si bien narré Alfred de Vigny dans « la mort du loup » ,«  sa retraite coupée et tous ses chemins pris » ( et là on peut extrapoler), se contracte provocant un plaisir quasi identique à …..

Encore faut-il l’avoir vécu, ce qui n’est pas mon cas, mais pour  avoir été incorporé au commando Jaubert dès son retour d’Indochine, je ne mets pas en doute la véracité de ces témoignages

Après cette débauche d’énergie, il était tout à fait naturel et conseillé ( après l’effort, le réconfort), de s’alimenter en dégustant un excellent canard laqué.

Comme le démontrent ces deux insignes marqués de l'ancre, il est tout à fait plausible qu'il faille attribuer cette initiative aux fusiliers marins. Diables de forbans magnifiques, héros des plus grandes batailles, mais également des coups les plus tordus.....
Si cela peut choquer certaines âmes sensibles, sachez qu'actuellement des PDG du monde entier vont spécialement en Asie du Sud, non pas pour satisfaire leurs envies morbides sur des canards, mais bel et bien sur de jeunes enfants. Autres temps, autres moeurs.

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Les voilà enfin ces fameux canards, photo prise par Guy PICCOZ au Viet-Nam en 2010

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Les campagnes de LELIEVRE Roger Robert Raymond

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LELIEVRE Roger Robert Raymond

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LELIEVRE Roger Robert Raymond

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IMG + Texte: 16-15 - (Lelièvre Roger Robert Raymond)

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CARRÉ Jean

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IMG + Texte: 16-16

 

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IMG 16 - 16/1 - République: le provençal - Mercredi 18 Octobre 1961 - (Roehrig Yves)

 

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Penfen - Oued Mélal le 04 07 1960

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IMG + Texte: 16-19

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La voie ferrée entre le cap Varella et Tourane, sur les côtes d'Annam

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IMG + Texte: 16-20 g

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Récit d'André GUEHO

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> Ce qui suit provient du carnet de notes de Andé Guého, compagnon de
> route à Jaubert qui m’en a aimablement fourni une copie. Arrivé au
> Commando Jaubert le 30 mars 1951 André Guého est affecté au groupe de
> commandement , 3e section, pourvoyeur du mortier de 60 m/m
>
> « Nuit du 26 au 27 avril 1951 – 2 h du matin Branlebas de combat !
> Départ pour un coup de main - Jaubert embarque dans des LCVP qui
> remorqueront 3 M2 chargés de matériel et de munitions. Suis désigné ainsi
> que Bignard pour armer chacun un M2 de matériel. Jean Kéruzoret celui de
> munitions. Nous partons. La nuit est d’encre.
> 3 heures le convoi stoppe ! Cause : Le M2 des munitions , s’est cassé un
> deux sans doute sous le poids du chargement. Kéruzoret a disparu dans
> l’eau noire. Pas de traces
> A l’aube Jaubert passe devant le poste de Cuc Bo - Mission accomplie, le
> soir nous revenons vers Qui-Cao et repassons devant le poste de Cuc Bo,
> qui dans la journée a été pris d’assaut  après un furieux combat par
> les viets. Aucun signe de vie dans les ruines encore fumantes. Ce triste
> spectacle met dans nos cœurs fureur et tristesse.
> 28/ 04 - Opération à Huy ang . Au retour nous retrouvons le corps de
> Jean Kéruzoret gonflé, méconnaissable identifié par le toubib par un
> pansement qu’il lui avait fait à la jambe. Le corps est nu. Déloqué sans
> doute par les viets.
> François et Jaubert en opération à Tieng- Lang avec Delayen et Romary.,
> des commandos autochtones
> 29/4 fin de l’opération Méduse ( commencée le 25 avril ) Retour à Haïphong.
> 30/4 Kéruzoret étant de la troisième section, c’est celle-ci qui est
> chargée de la garde d’honneur qui veillera le cercueil à la morgue de
> l’hôpital de Haïphong. Triste devoir –
>
> * Les postes *: C'étaient de petites garnisons implantées un peu partout
> dans le delta et chargées de mission de surveillance à certaines zones.
> pas stratégiques , plus souvent chargées de montrer la présence du
> drapeau Français ? Commandés des fois par un sous lieutenant le plus
> souvent par un sergent chef ou un adjudant avec trois bidasses et le
> pire une quinzaine d'autochtones accompagnés de leur femme, des enfants,
> des beaux parents , des grands parents , j'en passe ? - pas compté les
> cochons et le buffle . C'était assez folklorique. Beaucoup de ces
> supplétifs ont été fidèles et courageux; Mais aussi combien de chefs de
> poste ont été trahis et retrouvés dans le meilleur des cas prisonniers
> dans d'autres égorgés. La guerre ce n'était pas toujours congaï et
> dentelles.Les viets étaient assez bien renseignés sur l'état d'esprit
> qui régnait dans le poste. Quand de Lattre a prit le commandement il a
> fait fortifier les postes les plus exposés, certains ont même étaient
> transformés en blockhaus.
>
> NOTE de Guy PICCOZ: Arrivé en Indo en janvier 1951 en provenance de Hubert suite au
> coup dur subit par le corps expéditionnaire français à Caobang et à
> Langson. 30 mois après je quittais cette péninsule, pensant bien y
> revenir très vite. Après le cours de CS , Dien-Bien-Phu étant passé par
> là.. les commandos d'Indochine commençaient à plier bagage . Fini le
> rêve extrême-oriental.
> "De mon temps" nous avons opéré pratiquement sur tout le territoire des
> frontières de la Chine a celles du Cambodge, un peu de jungle , beaucoup
> de sable, de la boue et de l'eau en pagaille, des paysages à couper le
> souffle, des mers aux eaux transparentes comme du cristal etc... Et pas
> une seule petite maladie, pas de malaria pas de dysenterie pas de
> bourbouille pas de chtouille ! la vie rêvée..

IMG + Texte: 16-21

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IMG + Texte: 16-22

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Et pour les nostalgiques d'Indochine qui n'ont pas thésaurisé

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IMG 16-23 a

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IMG 16-23 b

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IMG 16 - 23/c  - ( M Christine Egger, fille de Velluz Alfred)

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IMG 16 - 23/d - (M Christine Egger, fille de Velluz Alfred)

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ROSSELLO Barthélémy - Du commando Jaubert aux barbouzes

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IMG + Texte: 16-24 a

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IMG + Texte: 16-24 b

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IMG + Texte: 16-24 c

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IMG + Texte: 16-24 d

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Avoir 19 ans sur le M'zi

 

SZYMONIK Stanislas

SZYMONIK Stanislas

 

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IMG 16 - 25 - Le combat eut lieu le  07 05, mais le 8 nous étions encore sur le M'ZI

 

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IMG 16 - 25/2 - Témoignage élogieux

 

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HOMMAGE AU Q/M2 BLANC PIERRE

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IMG + Texte: 16-26

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HOMMAGE à l'E/V 1 GRILLE Jacques

 

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IMG + Texte: 16-27

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Jaubert dans les monts de Tlemcen - ( Rolland + Biloré Josiane, Veuve d'Alain)

 

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IMG 16 - 28/1

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DEMMER André à bien mérité de la patrie

 

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IMG + Texte: 16-29

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L/V  SCHEIDHAUER, Mort du Pacha de Jaubert

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IMG + Texte: 16-30 a

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IMG + Texte: 16-30 b

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Brevet para décerné à PETRAULT James -(PETRAULT James)

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IMG + Texte: 16-31

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CG des TOE avec étoile d'argent attribuée à GOARIN Charles

GOARIN_Charles

CG_TOE_GOARIN_Charles

IMG + Texte: 16-32

Fourragère à titre personnel décernée à GOARIN Charles - (Goarin Patrick, fils de Charles)

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IMG + Texte: 16-33 - (Goarin Patrick, fils de Charles)

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IMG 16 - 33/1 - STAC  Duquesne: du 01 12 1948 au 01 04 1948 - 14 certifiés Cdos - De ce cours, 4 ont été tués au commando "François" en Indochine - (Goarin Patrick, fils de Charles)

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IMG 16 - 33/2 - Classement 3/12, note obtenue: 15,15, points supplémentaires : 43 - (Goarin Patrick, fils de Charles)

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IMG 16 - 33/3 - (Goarin Patrick, fils de Charles)

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IMG 16 - 33/4 - (Goarin Patrick, fils de Charles)

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IMG 16 - 33/5 - (Goarin Patrick, fils de Charles)

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IMG 16 - 33/6 - (Goarin Patrick, fils de Charles)

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Le béret de FAGNOUX Robert, stage Jean-Bart: 1946

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FAGNOUX_Robert___B_ret

On y distingue: l'insigne para, le badge commando,l'insigne de Jaubert, ceux de Trépel, Penfen, Montfort, Hubert, Yatagan, C F M Siroco, Régiment de Fusiliers Marins 1° D F L, et du CHOC.

IMG + Texte: 16-34

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Compte-rendu du Q/M Infirmier : LE JEUNE Jean, infirmier au commando François, à la bataille d'An-Thoï, 23 04 1949

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IMG + Texte: 16-35 a

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IMG + Texte: 16-35 b

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IMG + Texte: 16-35 c

 

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JAN Alexandre - Mle 334 B 36 - Au commando Jaubert :1951/52

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IMG + Texte: 16-26 a -JAN Alexandre a rejoint les F N F L dès 1940

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IMG + Texte: 16-36 b -Photo prise à Waverley, 2 Leith street, Edinburg

Il est chevalier de l'ordre de l'étoile noire, et à ce titre, compagnon de la libération - (1357 FOM 58 du 21 01 1959)

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IMG + Texte: 16-36 c

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IMG + Texte: 16-36 d

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IMG + Texte: 16-36 e

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KLEIN_charlesSans_titre_1

Issu des commandos marine, ( Cdo Jaubert), Charles KLEIN a poursuivi une brillante carrière militaire au sein de la gendarmerie où il a été nommé Général.

 

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IMG + Texte: 16-37

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MAHE Claude ( certificat de blessure de guerre)

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IMG + Texte: 16-38

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Une cérémonie a eu lieu à Houdain le 11 Novembre 2009 , une plaque  à la mémoire de CZARNECKI Léon a été dévoilée, soulignant son rôle déterminant et son sacrifice sur le terrain lors des combats de Ninh-Binh au commando "François", les 29/30 Mai 1951.

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IMG + Texte: 16-39 a

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IMG + Texte: 16-39 b

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IMG + Texte: 16-39 c

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IMG + TEXTE  16 - 39/d -  Monument aux morts de sa ville de naissance: Houdain 62150 - (Kurowski Henri)

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LE  CENTRE SIROCO

 

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IMG + Texte: 16-40 - Texte envoyé par André BAILLES

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Croix de la valeur militaire avec étoile de bronze à GOARIN Charles

 

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IMG + Texte: 16-41 -

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IMG + Texte: 16-42
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IMG + Texte: 16-43

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IMG + Texte: 16-44

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IMG + Texte: 16-45 - Escalade: Charles GOARIN

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IMG + Texte: 16-46

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IMG + Texte: 16-47

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IMG + Texte: 16-48 - Défilé des commandos marine à Paris en Juillet ???

Opération Franco-Britannique, (exercice) " Bon Marché" : escadre française et force amphibie britannique - Arzew ( 1956 ou 1957)

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IMG + Texte: 16-49

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IMG + Texte: 16-50

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IMG + Texte: 16-51

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IMG + Texte: 16-52

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IMG + Texte: 16-53

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IMG + Texte: 16-54

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IMG + Texte: 16-55 - Les forces amphibies de débarquement étaient commandées par le V/A BARJOT (à droite), à sa droite le C/V EVENOU commandant le Georges Leygues, le commissaire principal LOUVARD, le C/C Van de Walle et le C/C TRAUB chef d'état-major du V/A.

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IMG + Texte: 16-56

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IMG + Texte: 16-57 - Le "Guichen" exécute un exercice de ravitaillement du "Georges Leygues"

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IMG + Texte: 16-58 - Les commandos de la marine reçoivent leurs instructions avant l'opération: occuper et conserver le terrain jusqu'à l'arrivée des renforts

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IMG + Texte: 16-59 - Les commandos marine débarquent

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IMG + Texte: 16-60 - Au préalable ils se sont peinturluré le visage, nous n'avions pas le tube de camouflage des "Marines G I", en France: système D : bouchon noirci à la flamme.

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IMG + Texte: 16-61 - N'importe qui peut devenir commando, à condition d'avoir la force musculaire et surtout la force de volonté de soutenir l'entraînement terrible et quotidien.

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IMG + Texte: 16-62

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IMG + Texte: 16-63
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Tracts en Algérie

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IMG + Texte: 16-64 - Tract distribué à la population après la mort du commandant ZACHARIA -(Juthy Christian)

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Page dédiée à mon camarade: SIMON Jean-Marie, avec qui j'ai fréquenté l'école des Pupilles: 1953/54, ( galoches et tenue blanche), l'école des Mousses: 1954/55, le BE de fusilier: 1955, cours Robert, a été affecté à Trépel et moi à Jaubert. Le bon a terminé une brillante carrière avec 5 galons or, la brute et un mélange de truand avec 2 galons rouge..... (Balisson Jean-Claude)

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IMG + Texte: 16-65 - SIMON Jean-Marie, prise de commandement CIFUSIL, Houilles 1984 - (Simon Jean-Marie)

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IMG + Texte: 16-66 - 1982, remise OHM au L/V SIMON Jean-Marie par le Général LACAZE - (Simon Jean-Marie)

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IMG + Texte: 16-67 - DT, OPS, CDT 1977, de G à D: BRUNIE, LE GAC, VILCENT, SIMON Jean-Marie, LE GALL ???, CURUTCHET, KEREBEL - (Simon Jean-Marie)

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IMG + Texte: 16-68 - 1959, remise de la LH, de G à D: C/V DELBREL, C/F SIMON Jean-Marie, C/C BRETON - (Simon Jean-Marie)

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IMG + Texte: 16-69 - École des fusiliers, fin de stage commando, remise des bérets verts avec insigne et N° de badges par le C/F SIMON Jean-Marie CDT  ÉCOFUSIL par intérim - (Simon Jean-Marie)

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IMG + Texte: 16-70 - SIMON Jean-Marie avant son départ pour Rochefort - (Simon Jean-Marie)

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MOHAMED-SAÏD Ali, commando Yatagan

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IMG + Texte: 16-71 - Après le commando Yatagan, a été affecté à la Harka de Maison-Carrée ( photo) - (Mohamed-Saïd Boualem, son fils)

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IMG + Texte: 16-72

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IMG + Texte: 16-73

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IMG + Texte: 16-74

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IMG + Texte: 16-75

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IMG + Texte: 16-76

 

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COUTURIER Claude - Cdo François

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IMG + Texte: 16-77

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IMG + Texte: 16-78

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IMG + Texte: 16-79

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IMG + Texte: 16-80

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IMG + Texte: 16-81

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IMG + Texte: 16-82

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IMG + Texte: 16-83 - Les images 16-77 à 16-83 représentent des documents qui ont été trouvés dans un vide grenier par un collectionneur, M. Christophe ROCHET.

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Marins au béret vert - Article paru dans la revue CARAVELLE d'Avril 1951, signé: RAFFAELLI Jean

Opération " Désirade" de Mars 1951 sur l'île de la Cat-Ba

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IMG 16 - 84/1 - ( Guichard Philippe, fils de Serge) - Suite à IMG 16 - 84/2

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IMG 16 - 84/2 - (Guichard Philippe, fils de Serge ) - Suite sur IMG - 16 - 84/3

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IMG 16 - 84/3 - ( Guichard Philippe, fils de Serge ) - Suite sur IMG 16 - 84/4

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IMG 16 - 84/4 - (Guichard Philippe, fils de Serge) - Suite sur IMG 16 - 84/5

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IMG 16 - 84/6 - (Guichard Philippe, fils de Serge) - Suite sur IMG 16 - 84/7

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IMG 16 - 84/7 - (Guichard Philippe, fils de Serge)

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LEMARCHAND Philippe

DERNIÈRE PATROUILLE À ARZEW

 

Cette affaire m'a marqué plus que les combats auxquels j'ai participé en Algérie; Je n'ai plus en mémoire le nom des participants et je m'en excuse auprès de ceux qui se reconnaîtront. Les impressions que j'exprime sont personnelles et n'engagent que moi. Je serais également heureux d'être contacté par les camarades présents lors de cette affaire. C'était fin Mai ou début Juin 1962, la date s'estompe dans les brumes du passé.

Trépel appelé pour participer au maintien de l'ordre à Oran était cantonné dans les souterrains de Mer-El-Kébir. À Oran, le grand bordel annonciateur de la fin, avait débuté. Nous étions au milieu. Afin de nous détendre un peu, les autorités ont souhaité nous envoyer à Arzew profiter de la plage, sympa comme idée. Arzew était un petit port à 70 Km à l'Est d'Oran, où il y avait une base marine. Parfois au cours d'une campagne, il arrivait que les commandos viennent y souffler un peu ( c'était rare).

Arrivés sur place, le service s'organise comme il se doit. Je me retrouve de service et j'ai envie de sortir. Je me porte volontaire pour effectuer une patrouille en ville prévue dans la soirée. C'est mieux que de rester au foyer, devant une bière et une sempiternelle partie de cartes. Première sortie fin de journée, relax, pas de conneries en vue. Deuxième sortie vers 22 heures, tout baigne, le chef de patrouille, le S/M RENAUX nous emmène vérifier si ce bar discret, avec son enseigne rouge est calme; Nous entrons, la maison est bien tenue, accueillante. Peut-on consommer ? Oui, mais avec modération, n'oubliez-pas nous sommes de patrouille. Hôtesses agréables... Un petit moment, chef.. oui, mais faites vite, sympa le chef, les filles également...

Vers 23 H, 23H30, la patrouille est de nouveau dans la rue, et opérationnelle. Cool, les gars, la vie est belle, un peu de marche à pied, l'air frais nous fait du bien. La nuit est tombée depuis longtemps, nous progressons en file de part et d'autre de la rue, un carrefour, une ampoule qui pendouille en son centre diffuse une lumière parcimonieuse.

Un choc sourd, un cliquetis de chaîne... Houmff... Une rafale, une galopade; j'arme, je vise ... RENAUX se précipite devant moi, mon PM est sur sa poitrine, je veux l'écarter: "Phifi, fais pas le con, fais pas le con..."Je retombe sur terre, relève mon arme, retire le chargeur et désarme. J'entends les culasses claquer à vide, personne n'a ouvert le feu, seul, le copain agressé a tiré à l'instinct. Miracle pour nos agresseurs, nous n'étions pas en zone opérationnelle, le PM trop graissé s'est enrayé, 2 balles sont parties; Les agresseurs ont disparu en une galopade éperdue, le copain se relève un peu groggy. Rien de grave, RENAUX reprend la patrouille en main. Nous partons au pas de course vers la place principale. Les volets claquent, des cris d'imprécations fusent derrière nous, le souk est en route...

Les copains permissionnaires attablés devant les terrasses des cafés et restaurants se sont fait attaquer par des gamins armés de chaînes, branches de palmiers ( ça pique) et autres instruments contondants. Les agresseurs sont mal tombés, la réaction a été rude. Il y a quelques éraflures et autres bobos, mais rien de grave. L'émeute menace, tout le monde rentre. À la base, l'excitation est à son comble, les copains ont récupéré leurs armes et veulent descendre en ville, les officiers essaient de les contenir. Cris et imprécations se calment, il n'y a pas de blessés. Dans la foulée, les autorités nous renvoient à Mer-El-Kébir, dans les souterrains, il parait que ça calme... Trépel ne revint jamais à Arzew.

De cette aventure, j'ai gardé, 48 ans après, le souvenir de mon chef de patrouille, le S/M RENAUX. Par sa présence d'esprit, son autorité, il m'a évité, selon moi, de devenir un assassin. Si j'avais ouvert le feu, les autres suivaient, ils me l'ont dit; Le résultat aurait été catastrophique pour les uns et les autres.

Je n'ai jamais relaté cette histoire, grâce à ce site, j'ai retrouvé des copains? Je suis allé, l'été dernier, retrouver RENAUX et le remercier. Son charisme et la discipline de tir inhérente à la formation des commandos ont fait que cette affaire ce soit plutôt bien terminée. Sans son geste, j'aurais eu honte de moi pour le restant de mes jours, ce n'est pas le cas, et dans une vie ça compte.

 

IMG + Texte: 16-85 - ( LEMARCHAND  Philippe )

 

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CV D' ALLARD Guy

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ALLARD Guy

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IMG + Texte: 16-86 - Livret militaire d'ALLARD Guy

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Certificat de commando - HOUDRICHON Roland

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HOUDRICHON Roland
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IMG + Texte: 16-87

Roland nous a quitté dans sa 79 ème année - Ses obsèques civiles ont eu lieu le Mardi 29 12 2009 à 11H30 au cimetière de Flavigny.
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SOREL Albert

 

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IMG + Texte: 16-88  - (SOREL Albert)

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TOCHON-FERDOLLET Roger

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IMG + Texte: 16-89

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IMG+TEXTE 16 - 89/1 - 1951/53 - Citation à l'ordre de l'armée de mer au S/M TOCHON-FERDOLLET Roger - (Tochon-Ferdollet Roger)

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IMG+TEXTE 16 - 89/2 - 1951/53, citation à l'ordre de la division avec étoile d'argent au S/M TOCHON-FERDOLLET Roger - (Tochon-Ferdollet Roger)

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IMG+TEXTE 16 - 89/3 - 1951/53 - Citation à l'ordre du corps d'armée, CG TOE avec étoile de vermeil au S/M TOCHON-FERDOLLET Roger - (Tochon-Ferdollet Roger)

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IMG+TEXTE 16 - 89/4 - 1951/53 -  Citation à l'ordre de la division, CG TOE avec étoile d'argent au S/M TOCHON-FERDOLLER Roger - (Tochon-Ferdollet)

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IMG+TEXTE 16 - 89/5 - No comment

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Le plaisir du soldat en Indochine - 1945-1954

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Le plaisir du soldat pendant la guerre d'Indochine doit être replacé dans le contexte de la satisfaction du repos du guerrier et de l'exotisme colonial. Les combattants de toutes origines furent séduits par les charmes des autochtones, mais peu d'entre eux eurent des rapports avec des femmes "honnêtes". Les militaires eurent la plupart du temps affaire à des femmes vénales, des prostituées et des congays. À tous les échelons le commandement comprit l'importance des problèmes liés à l'amour et tenta de satisfaire et de protéger ses hommes. Cependant, de ce commerce, découlèrent une multitude de maladies vénériennes qui générèrent un encombrement des services sanitaires et un affaiblissement des T F E O ainsi que des soucis touchant à l'état d'esprit et à la discipline. Pourtant cela ancra encore plus les combattants dans le pays, alimentant ainsi la nostalgie typique des anciens du C F E O, le " Mal Jaune". ( Michel Bodin)

Note: Au risque de paraître puritain ou jocrisse, je n'ai jamais été fan des bordels de quelques villes qu'ils soient, tout au moins en tant qu'utilisateur des "beaux châssis" mis à la disposition des clients. Y entrer: oui, pour accompagner les copains, boire un verre, même en offrir aux filles, les discussions avec elles ne manquaient pas de piquant... La première année de mon séjour en Indochine: abstinence totale... Nous avions été si conditionnés avant le départ " les filles de là-bas sont toutes pourries" .. etc...Mais il y avait les salons de massage... pas thaïlandais, comme le veut la mode d'aujourd'hui, mais bien du pays. Bon... là, les filles vous aidaient à prendre une douche et ensuite vous massaient. Idéal comme détente. Ces filles là ne baisaient pas, elles avaient toujours à portée de la main une sonnette destinée à appeler un cerbère ou tout autre gardien de leur vertu. Mais en glissant quelques piastres dans la poche de leur blouse, elles comprenaient tout de suite notre problème bien visible lorsque nous étions sur le dos. Elles avaient la main agile et douce. Massage complet + service compris, il m'est arrivé de m'endormir sur la table de massage. Après avoir connu Marie, plus de PB. Fille honnête?, nous sommes restés ensemble deux ans. Rapatrié, je devais revenir la chercher. Après mon cours de C S, Dien Bien Phu étant passé par là... Plus de campagne... La roue tourne, sans doute aussi pour elle...

Concernant les bordels, il y en avait dans toutes les villes de garnison. Les maisons de santé. Au Cap, les commandos devaient assurer avec les autres troupes de la ville, la sécurité du lieu. Pas de bagarre, pas de tenue débraillée, sauf dans les cages, mais ça c'est une autre histoire. Comment étaient recrutées les filles ? je n'en sais rien. À Saïgon, c'était folklorique, sur le modèle du Bousbir de Casablanca, un quartier entier réservé. Nom donné à ce lieu de débauche:  Parc à buffles ou parc à autruches... Le B M C par contre est une autre institution. Vu une seule fois lors d'une opération de longue durée. Entre deux bouclages, des équipes montaient une grande tente de campagne, à l'intérieur quelques lits picots séparés les uns des autres par quelques nattes, et en avant l'abattage. Lavabos, inconnus... Des bassines pleines d'eau, trois ou quatre filles pour un demi-millier d'impatients. Il y a de quoi décourager des bites bien trempées. La légion était mieux organisée... Ils avaient leur propre B M C, et quand les filles n'étaient pas de service, elles faisaient leur tambouille. Comment étaient-elles recrutées? Les légionnaires n'étaient pas des sentimentaux... Pour les commandos, un jour ici, un jour là... faire suivre un B M C, quel boulot.

Retour à Toulon, encore un collage. À Alger, c'était Fernande, la Fernande de Brassens, bien entendu. Même maintenant en entendant cette chanson... Non ! À presque 80 balais faut pas pousser Pépé dans ses retranchements... Il a assez donné...

IMG + Texte: 16 - 90  -  (PICCOZ Guy)

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